Savons SAF et gels douche au chaudron : ce que leur fabrication change vraiment

Catégories : Conseils & gestes
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Un savon solide, un gel douche au chaudron et un gel lavant classique peuvent remplir le même rôle apparent : nettoyer la peau. Pourtant, ils ne sont pas nécessairement fabriqués à partir des mêmes matières ni selon les mêmes procédés.

Chez Z2C, nous fabriquons nous-mêmes nos savons par saponification à froid et nos gels douche au chaudron par saponification à chaud. Nous partons directement des huiles et des matières grasses, au lieu de simplement parfumer et façonner une base de savon déjà terminée.

Cela ne signifie pas que tout produit industriel est mauvais ni que tout ingrédient naturel convient automatiquement à toutes les peaux. La différence réside avant tout dans la maîtrise de la formule, la sélection des matières premières et le procédé choisi.

L’essentiel

Chez Z2C, nous ne nous contentons pas de personnaliser une base lavante : nous réalisons nous-mêmes la transformation des huiles en savon et adaptons chaque méthode au produit que nous souhaitons créer.

Tous les produits lavants utilisent des tensioactifs

Le mot tensioactif est parfois présenté comme l’opposé du savon naturel. En réalité, le savon est lui-même un tensioactif.

Une molécule tensioactive possède une partie attirée par l’eau et une autre attirée par les matières grasses. Elle aide ainsi à détacher le sébum, les salissures et certaines particules, afin qu’ils puissent être entraînés au moment du rinçage.

La différence ne consiste donc pas à opposer un produit « avec tensioactifs » à un produit « sans tensioactifs », mais à comprendre quel système lavant est utilisé.

Dans un véritable savon

Les agents lavants sont des sels d’acides gras obtenus par la réaction de saponification des huiles.

Dans un gel lavant sans savon

Le nettoyage repose sur un assemblage d’autres tensioactifs, qui peuvent être anioniques, amphotères, non ioniques ou associés entre eux pour ajuster la mousse et la douceur.

Qu’est-ce que la saponification ?

Les huiles et les beurres sont principalement composés de triglycérides. Lorsqu’ils réagissent avec une base alcaline, leurs molécules sont transformées.

Cette réaction produit simultanément :

Du savon : les sels d’acides gras responsables de l’action lavante.

De la glycérine : un composé naturellement formé pendant la réaction.

La soude et la potasse ne sont donc pas ajoutées comme des ingrédients destinés à rester inchangés dans le produit. Elles servent à transformer les matières grasses en savon.

Une formule correctement calculée et un procédé maîtrisé sont indispensables pour que cette transformation soit menée correctement.

Une réaction à maîtriser

La soude et la potasse sont corrosives avant la réaction. La fabrication d’un savon demande des calculs précis, des protections adaptées, des contrôles et le respect d’un protocole de fabrication défini.

La saponification à froid de nos savons solides

Pour fabriquer nos savons solides, nous associons les huiles et les matières grasses à une solution de soude.

L’expression « saponification à froid » ne signifie pas que le mélange reste totalement froid. La réaction chimique produit naturellement de la chaleur.

La différence est que nous ne faisons pas cuire longuement la pâte pour accélérer et achever la réaction dans un chaudron. Une fois le mélange homogène, la pâte est coulée dans les moules où elle poursuit sa transformation.

Après démoulage et découpe, les savons sont placés en cure pendant plusieurs semaines. Cette période permet notamment à une partie de l’eau de s’évaporer et au savon de devenir progressivement plus ferme et plus durable.

Ce que nous maîtrisons dès le départ

  • la sélection et l’équilibre des huiles et des matières grasses ;
  • la quantité d’alcali nécessaire à la saponification ;
  • le niveau de surgras recherché ;
  • les laits, poudres, argiles ou autres ajouts ;
  • le temps de fabrication, de découpe et de cure.

Qu’appelle-t-on le surgras ?

Une recette de savon peut être construite afin qu’une fraction des matières grasses ne soit pas transformée en savon. Cette fraction restante est appelée surgras.

Le surgras ne transforme pas le savon en crème hydratante et ne supprime pas son caractère alcalin. Il participe toutefois à l’équilibre sensoriel de la formule et peut réduire la sensation de nettoyage trop intense.

Chez Z2C, le surgras est défini dès la conception de chaque recette. Les dosages précis appartiennent à notre travail de formulation et ne sont pas publiés.

La glycérine naturellement formée reste dans nos savons

La glycérine n’est pas seulement un ingrédient que l’on peut acheter puis ajouter à une formule : elle apparaît naturellement pendant la saponification des huiles.

Dans nos savons SAF, nous ne réalisons pas d’étape destinée à séparer cette glycérine du savon. Elle reste donc présente dans le produit terminé.

La glycérine est reconnue comme un agent humectant, c’est-à-dire capable d’interagir avec l’eau. Sa présence est intéressante, mais elle ne suffit pas à elle seule pour garantir qu’un savon conviendra à toutes les peaux ni pour qualifier automatiquement un produit rincé d’hydratant.

Savons Z2C fabriqués par saponification à froid puis découpés

Fabrication d’un gel douche Z2C par saponification à chaud au chaudron

La saponification à chaud de nos gels douche

Pour nos gels douche au chaudron, nous partons également directement des huiles, mais nous utilisons de la potasse à la place de la soude.

La saponification avec la potasse produit des savons potassiques, généralement plus solubles dans l’eau que les savons sodiques utilisés pour les pains solides.

Le mélange est chauffé et travaillé dans le chaudron. Cette chaleur accélère la transformation des huiles et conduit progressivement à une pâte de savon.

Cette pâte est ensuite diluée et travaillée afin d’obtenir la consistance et l’utilisation recherchées pour notre gel douche.

Comme dans nos savons SAF, la glycérine produite pendant la réaction reste présente. Nous conservons également un léger surgras, sans publier son dosage exact.

Notre gel douche au chaudron

Il ne s’agit pas simplement d’eau à laquelle nous ajoutons un mélange lavant prêt à l’emploi. Nous réalisons nous-mêmes la saponification des huiles, la cuisson, la dilution et la finition du produit.

À froid ou à chaud : deux méthodes, deux objectifs

La saponification à froid n’est pas automatiquement meilleure que la saponification à chaud. Les deux méthodes transforment des huiles en savon et produisent naturellement de la glycérine.

Chez Z2C, nous les utilisons pour obtenir deux formes différentes.

Saponification à froid

Alcali principal : soude.

Résultat recherché : un savon solide.

Procédé : mélange, moulage, découpe puis cure.

Particularité : absence de cuisson prolongée destinée à achever la saponification dans le chaudron.

Saponification à chaud

Alcali principal : potasse pour nos gels douche.

Résultat recherché : un savon liquide après dilution.

Procédé : cuisson au chaudron, obtention d’une pâte, dilution puis finition.

Particularité : la chaleur accompagne et accélère la réaction dans le chaudron.

Qu’est-ce qu’un savon fabriqué à partir de bondillons ?

Les bondillons, parfois appelés soap noodles, sont une base de savon semi-finie. Les huiles ou les acides gras ont déjà été saponifiés par un premier fabricant.

Cette base est ensuite vendue à une autre entreprise, qui peut la mélanger, la parfumer, la colorer, l’extruder et la presser pour obtenir le savon commercialisé.

Cette méthode permet une fabrication régulière, reproductible et adaptée à des volumes importants. Elle ne signifie pas automatiquement que le produit obtenu est mauvais.

La différence avec notre méthode tient surtout au point de départ : le fabricant qui utilise des bondillons ne réalise pas nécessairement lui-même la saponification des huiles présentes dans la base.

Ce que nous ne voulons pas affirmer

Tous les savons industriels ne sont pas identiques. La qualité des bondillons, leur composition, la présence de glycérine, les ajouts et la formule finale peuvent varier considérablement d’un produit à l’autre.

Et les gels douche classiques du commerce ?

La majorité des gels douche classiques ne sont pas obtenus par saponification d’huiles. Leur base lavante est généralement construite avec plusieurs tensioactifs autres que le savon.

Ces tensioactifs peuvent être associés afin de travailler la mousse, la viscosité, le rinçage, la stabilité et la tolérance du produit.

Il serait inexact de dire que tous les tensioactifs des gels douche sont agressifs. Certaines associations modernes permettent au contraire de formuler des nettoyants particulièrement doux et à un pH proche de celui de la surface cutanée.

À l’inverse, un mélange de tensioactifs mal équilibré, trop concentré ou utilisé trop fréquemment peut entraîner une sensation de tiraillement ou d’inconfort.

Pourquoi certains gels lavants Z2C utilisent-ils aussi des tensioactifs ?

Tous les soins lavants n’ont pas les mêmes contraintes. Un produit destiné au corps, au visage, aux cheveux ou à une zone plus délicate ne doit pas nécessairement reposer sur le même système lavant.

Nos gels douche au chaudron reposent sur des savons potassiques fabriqués à partir des huiles. Certains autres gels lavants Z2C utilisent cependant des tensioactifs sélectionnés ou des associations différentes.

Ce choix n’est pas contradictoire avec notre démarche. Il nous permet d’adapter la formule à la zone concernée, au pH recherché, à la texture et au niveau de douceur souhaité.

Formuler, ce n’est pas appliquer une seule règle

Nous ne cherchons pas à imposer le savon à tous les usages. Nous choisissons le système lavant qui nous paraît le plus cohérent pour chaque produit.

Que change réellement la fabrication pour la peau ?

Le procédé de fabrication influence la composition du produit, mais il ne permet pas à lui seul de prédire exactement le ressenti de chaque peau.

La tolérance d’un produit lavant dépend notamment :

  • du type et de l’association des agents lavants ;
  • de leur concentration ;
  • du pH du produit ;
  • du surgras, des humectants et des agents de confort ;
  • de la température de l’eau et de la durée du lavage ;
  • de la fréquence d’utilisation et de la sensibilité personnelle.

Un véritable savon est naturellement alcalin. Ce caractère fait partie de sa chimie et ne disparaît pas parce que le savon est artisanal ou surgras.

De nombreuses personnes apprécient pourtant très bien un savon SAF correctement formulé, notamment pour son toucher, son surgras et la sensation qu’il laisse après rinçage.

À l’inverse, une peau très sèche, réactive ou fragilisée peut parfois préférer un gel lavant doux, formulé avec des tensioactifs non savon et à un pH plus proche de celui de la peau.

Pas de produit universel

Le meilleur produit lavant n’est pas nécessairement celui qui possède la liste d’ingrédients la plus courte ou la mousse la plus abondante. C’est celui qui nettoie suffisamment tout en restant adapté à la peau, à la zone et à l’usage.

La place des ingrédients naturels dans nos savons

Nos savons ne sont pas tous construits sur une recette unique à laquelle seul le parfum serait modifié. Nous travaillons différentes matières afin de créer des variantes ayant chacune leur identité.

Lait de chèvre, lait de coco et crème

Ces matières sont intégrées pendant la fabrication pour participer à la composition, au toucher et à l’identité de certaines recettes.

Aloe vera

Il peut être sélectionné comme composant complémentaire dans certaines formules, en tenant compte du procédé de fabrication et du caractère rincé du savon.

Poudres végétales

Elles peuvent apporter leur couleur naturelle, leur finesse, leur texture et l’identité botanique de la plante utilisée.

Poudres ayurvédiques et argiles

Elles nous permettent de construire différentes variantes et d’adapter le toucher, la couleur ou l’orientation cosmétique du savon.

Nous ne prétendons pas que toutes les propriétés traditionnellement attribuées à une plante, à un lait ou à une poudre se retrouvent automatiquement intactes dans le savon terminé.

Ces matières sont intégrées dans une formule rincée et soumises à un environnement alcalin. Nous les présentons donc pour ce qu’elles sont réellement : des éléments choisis pour participer à l’équilibre, à la sensorialité et à l’identité de chaque création.

Naturel ne signifie pas automatiquement sans risque

Nous privilégions de nombreuses matières d’origine naturelle parce qu’elles correspondent à notre manière de formuler et à l’identité de Z2C.

Mais l’origine naturelle d’un ingrédient ne garantit pas à elle seule sa douceur. Une huile essentielle, un parfum naturel, une plante ou une poudre peut être mal toléré par certaines personnes.

Inversement, un tensioactif obtenu par transformation peut être sélectionné précisément pour sa douceur et son adaptation à une zone sensible.

Ce qui compte est donc la qualité de la matière, sa fonction, son dosage, son association avec les autres ingrédients et l’évaluation du produit terminé.

Pourquoi chez Z2C ?

Fabriquer la base pour comprendre réellement le produit

Nous ne souhaitions pas simplement acheter une base de savon, y ajouter une couleur et un parfum, puis la présenter comme une création entièrement fabriquée dans notre atelier.

Pour nos savons SAF et nos gels douche au chaudron, nous partons directement des huiles. Nous réalisons la saponification, conservons la glycérine naturellement formée et définissons le surgras dans la recette.

Cette méthode nous permet de sélectionner le lait de chèvre, le lait de coco, la crème, l’aloe vera, les poudres végétales, les poudres ayurvédiques ou les argiles selon le produit souhaité.

Pour les autres gels lavants, nous choisissons aussi, lorsque cela est plus cohérent, des tensioactifs adaptés à l’usage et à la zone concernée. Notre savoir-faire consiste justement à ne pas appliquer la même solution à tous les produits.

Quel soin lavant choisir ?

Un savon SAF

Pour retrouver le format solide, découvrir différentes huiles, poudres, laits et argiles, et apprécier un savon fabriqué intégralement dans notre atelier.

Un gel douche au chaudron

Pour conserver le principe d’un véritable savon saponifié tout en préférant une présentation liquide en flacon.

Un gel lavant formulé avec d’autres tensioactifs

Pour une zone ou un usage nécessitant un système lavant différent, une texture particulière ou un pH plus ciblé.

Le ressenti de la peau après le lavage reste un bon indicateur. Une sensation persistante de tiraillement, d’échauffement ou d’inconfort peut signaler qu’un autre produit ou une fréquence différente serait plus adapté.

À retenir

Le savon est lui-même un tensioactif.

La saponification transforme les huiles en savon et produit naturellement de la glycérine.

Nos savons solides sont fabriqués par saponification à froid avec de la soude, puis découpés et placés en cure.

Nos gels douche au chaudron sont fabriqués par saponification à chaud avec de la potasse, avant dilution et finition.

La glycérine naturellement formée reste présente dans nos savons et nos gels douche au chaudron.

Les bondillons sont une base de savon déjà saponifiée, destinée à être transformée en produit commercial.

Certains gels lavants Z2C utilisent d’autres tensioactifs lorsque leur usage demande un système différent.

Naturel ne signifie pas automatiquement plus doux, et industriel ne signifie pas automatiquement mauvais.

La différence Z2C repose sur la maîtrise de la fabrication, le choix des matières et l’adaptation de chaque formule à son usage.

Sources et références

University of Washington, Department of Chemistry, « Saponification » : définition de la réaction comme hydrolyse alcaline produisant du glycérol et des sels d’acides gras.

McMurry J., OpenStax, Organic Chemistry, section « Soap », 2023 : chimie des savons sodiques et potassiques, formation de glycérine et fonctionnement des micelles.

Mijaljica D., Spada F. et Harrison I. P., « Skin Cleansing without or with Compromise: Soaps and Syndets », Molecules, 2022, volume 27, article 2010 : différences entre savons, syndets, tensioactifs, pH et interactions avec la peau.

Ananthapadmanabhan K. P., Moore D. J., Subramanyan K., Misra M. et Meyer F., « Cleansing without compromise: the impact of cleansers on the skin barrier and the technology of mild cleansing », Dermatologic Therapy, 2004, volume 17, pages 16–25 : effets du pH et des systèmes lavants sur la barrière cutanée.

Fluhr J. W., Darlenski R. et Surber C., « Glycerol and the skin: holistic approach to its origin and functions », British Journal of Dermatology, 2008, volume 159, pages 23–34 : fonctions humectantes du glycérol et rôle dans la peau.

Blaak J. et Staib P., « The Relation of pH and Skin Cleansing », Current Problems in Dermatology, 2018, volume 54, pages 132–142 : relation entre pH des nettoyants, surface cutanée et composition du système tensioactif.

Uganda National Bureau of Standards, US EAS 815:2023, « Soap noodles/chips Specification » : définition des bondillons comme produit intermédiaire destiné à être transformé en savon commercialisable.

Règlement européen no 655/2013 : critères communs de véracité, de preuve, d’honnêteté et de clarté applicables aux allégations relatives aux produits cosmétiques.

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