La glycérine : pourquoi est-elle présente dans tant de cosmétiques ?

Catégories : Plantes & actifs
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Crème, sérum, gel, lait, masque, dentifrice… il suffit de lire quelques listes d’ingrédients pour retrouver très souvent le même nom : Glycerin.

Sa présence n’a pourtant rien d’un simple remplissage. La glycérine est l’un des humectants les plus utilisés et les mieux documentés en cosmétique. Son rôle principal est d’aider la couche cornée à maintenir une quantité d’eau suffisante.

Chez Z2C, nous utilisons une glycérine 100 % d’origine végétale. Mais pour comprendre son intérêt, il faut d’abord distinguer plusieurs mots que l’on rencontre souvent : humectant, émollient et occlusif.

La glycérine en une phrase

La glycérine est avant tout un humectant : elle interagit fortement avec l’eau et contribue à maintenir l’hydratation de la couche cornée. Elle n’est ni une huile, ni un beurre, ni un ingrédient relipidant.

Glycérine ou glycérol : est-ce la même chose ?

Oui. Glycérol est le nom chimique couramment utilisé pour désigner la molécule, tandis que glycérine est le terme très largement employé pour la matière utilisée en cosmétique.

Sur une liste d’ingrédients cosmétique, on la retrouve sous son nom commun international : Glycerin.

C’est un liquide transparent, visqueux, miscible à l’eau et particulièrement hygroscopique, c’est-à-dire qu’il possède une forte affinité pour les molécules d’eau.

Glycérine végétale utilisée comme humectant dans les soins Z2C

Texture de crème associant humectants émollients et agents protecteurs

Qu’est-ce qu’un humectant ?

Un humectant est une substance capable d’interagir avec l’eau et de favoriser son maintien dans la couche cornée, la partie la plus externe de l’épiderme.

La glycérine possède plusieurs groupes chimiques capables de former des interactions avec l’eau. Cette propriété explique en grande partie son utilisation dans les produits hydratants.

Elle peut pénétrer dans la couche cornée et participer au maintien d’un environnement suffisamment hydraté pour conserver souplesse et confort.

D’autres ingrédients peuvent également exercer une fonction humectante : l’urée, l’acide hyaluronique, le panthénol, le sorbitol, certains lactates ou encore le sodium PCA.

Hydrater ne signifie pas simplement ajouter de l’eau

L’eau appliquée seule sur la peau peut rapidement s’évaporer. Un soin hydratant cherche plutôt à aider la couche cornée à conserver suffisamment d’eau. C’est notamment dans cette logique que la glycérine prend tout son intérêt.

La glycérine attire-t-elle l’eau uniquement depuis l’air ?

C’est une explication que l’on rencontre souvent, mais elle est trop simplifiée.

La glycérine interagit avec l’eau présente dans son environnement et dans la couche cornée. Son fonctionnement dans la peau ne se résume donc pas à « aspirer l’humidité de l’air ».

Les recherches montrent au contraire que les produits contenant du glycérol peuvent améliorer l’hydratation de la couche cornée et certaines de ses propriétés, y compris dans des conditions où l’environnement est sec.

« La glycérine dessèche la peau »

Présenter la glycérine comme un ingrédient qui dessécherait systématiquement la peau lorsque l’air est sec ne correspond pas aux données disponibles. Son résultat dépend de sa concentration, de son véhicule et surtout de l’ensemble de la formule dans laquelle elle est utilisée.

Pourquoi ne met-on pas simplement beaucoup de glycérine ?

Parce qu’en formulation, davantage ne signifie pas toujours mieux.

Une quantité importante de glycérine peut notamment rendre une préparation collante ou moins agréable à appliquer.

Le rôle du formulateur consiste donc à l’intégrer dans une formule équilibrée, avec une texture et un niveau d’hydratation adaptés au produit recherché.

C’est aussi pour cette raison qu’une crème hydratante ne repose généralement jamais sur la glycérine seule.

Humectant, émollient, occlusif : quelle différence ?

Ces trois familles sont souvent réunies dans un même soin hydratant, mais elles ne remplissent pas exactement la même fonction.

Humectant

Il possède une affinité pour l’eau et aide à maintenir l’hydratation de la couche cornée. La glycérine, l’urée ou l’acide hyaluronique en sont des exemples.

Émollient

Il améliore la souplesse, la douceur et le toucher de la surface cutanée. Il aide notamment à combler les irrégularités entre les cellules superficielles et diminue la sensation de peau rêche.

Occlusif

Il forme à la surface un film plus ou moins hydrophobe qui ralentit l’évaporation de l’eau et contribue ainsi à limiter la perte transépidermique en eau.

Trois fonctions complémentaires

Humectant : aider à maintenir l’eau. Émollient : assouplir et améliorer le confort. Occlusif : ralentir son évaporation. Une même formule peut associer ces trois stratégies.

Qu’est-ce qu’un émollient exactement ?

Le mot « émollient » ne désigne pas un ingrédient précis, mais surtout une fonction recherchée.

Un émollient améliore la douceur et la souplesse de la couche superficielle de la peau. Il facilite la glisse du soin, diminue la sensation de rugosité et peut modifier fortement la perception d’une formule.

Deux crèmes contenant la même quantité de phase grasse peuvent donc avoir des touchers très différents selon les émollients sélectionnés.

Toutes les matières émollientes se ressemblent-elles ?

Non. C’est même l’une des parties les plus intéressantes du travail de formulation : choisir différentes familles d’émollients pour construire le toucher et la richesse du produit.

Les huiles végétales

Elles sont constituées principalement de triglycérides et possèdent des profils en acides gras très différents. Selon l’huile choisie, le toucher peut être léger, soyeux, riche ou plus enveloppant.

Les beurres végétaux

Plus solides à température ambiante, ils donnent généralement davantage de corps et de richesse. Karité, cacao ou mangue sont des exemples connus.

Les esters émollients

Ils sont souvent choisis pour obtenir une glisse particulière, alléger la sensation grasse ou apporter un toucher plus sec et soyeux. Ils permettent au formulateur de travailler très finement la sensorialité d’une crème.

Le squalane

Le squalane est un hydrocarbure particulièrement stable utilisé pour son excellent pouvoir émollient et son toucher généralement léger et soyeux. Il n’est donc pas une huile végétale classique, même lorsqu’il est obtenu à partir d’une matière première végétale.

Les alcools gras

Cétéarylique, cétylique ou stéarylique : malgré le mot « alcool », ces matières ne doivent pas être confondues avec l’alcool éthylique. Elles peuvent participer à la consistance, à la stabilité et au toucher émollient d’une émulsion.

Les silicones et matières à toucher similaire

Certaines matières sont choisies essentiellement pour leur glisse, leur douceur et leur capacité à diminuer une sensation grasse ou collante. Elles montrent bien qu’un émollient ne se résume pas à « une huile qui nourrit ».

Les catégories se chevauchent

Un ingrédient n’entre pas toujours dans une seule case. Certaines huiles, certains beurres, certaines cires ou certains silicones peuvent être à la fois émollients et plus ou moins filmogènes ou occlusifs. Ces termes décrivent des fonctions, pas des frontières chimiques absolues.

Alors pourquoi associer glycérine et émollients ?

Parce qu’ils ne répondent pas au même besoin.

La glycérine travaille principalement sur l’environnement hydrique de la couche cornée.

Les émollients améliorent davantage sa souplesse, son toucher et son confort lipidique.

Et lorsqu’une formule contient également des matières suffisamment filmogènes, elle peut en parallèle ralentir l’évaporation de l’eau.

C’est cette complémentarité qui explique pourquoi une émulsion bien construite peut être beaucoup plus intéressante qu’une simple addition d’un seul ingrédient hydratant.

Pourquoi retrouve-t-on de la glycérine dans un gel ?

Un produit n’a pas besoin de contenir beaucoup d’huile pour apporter de l’hydratation.

Dans un gel ou un sérum aqueux, la glycérine peut remplir son rôle d’humectant sans apporter la richesse lipidique d’une crème.

C’est l’une des raisons pour lesquelles les textures légères peuvent être intéressantes pour une peau déshydratée, notamment lorsqu’elle est normale, mixte ou grasse.

Et dans une crème ?

Une crème est une émulsion : elle associe une phase aqueuse et une phase lipidique.

La glycérine peut donc compléter les huiles, beurres, squalane, esters ou autres émollients présents dans cette phase grasse.

Une même base peut ensuite être plus ou moins riche selon la quantité et le type de matières lipidiques sélectionnées.

C’est ce qui permet d’obtenir une texture légère pour certaines peaux et une texture beaucoup plus enveloppante pour d’autres, tout en conservant une stratégie hydratante.

Pourquoi certains extraits végétaux sont-ils glycérinés ?

La glycérine peut également avoir une autre fonction très intéressante : servir de support à un extrait végétal.

Dans ce cas, la glycérine et généralement l’eau constituent le milieu dans lequel certains composés de la plante ont été extraits ou sont maintenus en solution.

Chez Z2C, c’est notamment ainsi que nous pouvons utiliser différents extraits glycérinés végétaux dans nos soins visage.

Une liste INCI peut par exemple présenter une structure du type :

Glycerin • Aqua • Extrait de plante

Cela ne signifie pas que la glycérine est « l’actif de la plante ». Elle fait partie du support qui permet d’obtenir et d’intégrer l’extrait végétal dans la formule.

Lire une liste INCI

Lorsqu’un extrait végétal est fourni dans un mélange de glycérine et d’eau, les trois éléments apparaissent dans l’INCI. Il est donc important de distinguer la plante elle-même de son support d’extraction.

« Glycerin » signifie-t-il forcément glycérine synthétique ?

Non.

Le nom Glycerin utilisé dans la liste INCI identifie l’ingrédient, mais il ne suffit pas à indiquer l’origine de la matière première.

La glycérine peut notamment être obtenue à partir de matières grasses végétales.

Chez Z2C, la glycérine que nous sélectionnons est 100 % d’origine végétale.

INCI et origine ne sont pas synonymes

Une liste INCI permet d’identifier les ingrédients d’un cosmétique. Elle ne donne pas nécessairement toutes les informations concernant leur procédé de fabrication, leur fournisseur ou leur origine végétale ou synthétique.

Et la glycérine présente dans un savon ?

Voilà une particularité intéressante : dans un véritable savon, la glycérine peut être formée directement pendant la fabrication.

Les huiles et les beurres sont principalement composés de molécules appelées triglycérides. Lors de la saponification, ces triglycérides réagissent avec une base alcaline.

La réaction produit simultanément des sels d’acides gras, qui constituent le savon, et du glycérol.

Huiles ou beurres + alcali → savon + glycérine

Dans un savon artisanal où cette glycérine n’est pas séparée, elle reste donc naturellement présente dans le produit terminé.

Il faut ainsi distinguer la glycérine ajoutée volontairement dans une crème ou un gel de celle qui apparaît naturellement au cours de la réaction de saponification.

La glycérine est-elle un actif miracle ?

Non, et ce n’est justement pas nécessaire pour qu’elle soit très intéressante.

La glycérine n’a rien d’un ingrédient spectaculaire destiné à transformer instantanément la peau.

C’est une matière extrêmement utile parce qu’elle remplit efficacement une fonction fondamentale : contribuer au maintien de l’hydratation de la couche cornée.

C’est précisément ce type d’ingrédient discret qui constitue souvent la structure réelle d’une bonne formule, bien davantage que les promesses entourant un seul actif vedette.

Pourquoi chez Z2C ?

Une matière simple qui remplit plusieurs rôles utiles

Nous utilisons une glycérine 100 % d’origine végétale.

Elle peut participer directement à la partie hydratante d’une formule, qu’il s’agisse d’un gel, d’un sérum, d’une gelée, d’un lait ou d’une crème.

Elle peut également faire partie du support de nos extraits glycérinés végétaux, ce qui permet d’intégrer différents extraits dans nos préparations aqueuses et nos émulsions.

Dans nos savons obtenus par saponification, du glycérol est par ailleurs naturellement formé pendant la réaction.

La glycérine illustre donc parfaitement notre manière de regarder une formule : chaque matière n’a pas besoin d’être mise en avant comme un « actif miracle ». Elle doit avant tout avoir une fonction utile et cohérente dans le produit.

À retenir

La glycérine est avant tout un humectant : elle aide la couche cornée à maintenir son hydratation.

Glycérine et glycérol désignent la même molécule ; son nom dans la liste INCI est Glycerin.

Elle n’est ni une huile, ni un beurre, ni un actif relipidant.

Un émollient sert surtout à assouplir et adoucir la peau : huiles, beurres, esters, squalane ou certains alcools gras peuvent remplir cette fonction.

Un agent occlusif forme davantage de film en surface et contribue à ralentir l’évaporation de l’eau.

Ces fonctions peuvent se chevaucher : une même matière peut avoir plusieurs effets dans une formule.

Une bonne formule hydratante associe souvent humectants, émollients et matières plus ou moins filmogènes.

La glycérine peut également servir de support à certains extraits végétaux glycérinés.

Le nom INCI Glycerin ne permet pas à lui seul de déterminer l’origine de la matière ; celle utilisée chez Z2C est 100 % d’origine végétale.

Enfin, lors de la saponification, les triglycérides donnent simultanément du savon et du glycérol : la glycérine peut donc aussi être naturellement formée pendant la fabrication d’un savon.

Sources et références

Fluhr J. W., Darlenski R. et Surber C., « Glycerol and the skin: holistic approach to its origin and functions », British Journal of Dermatology, 2008, 159(1), 23–34. DOI : 10.1111/j.1365-2133.2008.08643.x. Revue consacrée au glycérol, à l’hydratation de la couche cornée et à ses interactions avec la fonction barrière.

Rawlings A. V. et Harding C. R., travaux consacrés à l’hydratation de la couche cornée et aux facteurs participant à sa capacité à maintenir l’eau. La littérature décrit notamment le glycérol comme un humectant naturellement présent dans l’environnement cutané.

Del Rosso J. Q. et Kircik L., « Skin 101: Understanding the Fundamentals of Skin Barrier Physiology— Why is This Important for Clinicians? », Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology, 2025. Synthèse des principales familles entrant dans les soins hydratants : humectants, émollients et agents occlusifs.

Purnamawati S., Indrastuti N., Danarti R. et Saefudin T., « The Role of Moisturizers in Addressing Various Kinds of Dermatitis: A Review », Clinical Medicine & Research, 2017, 15(3–4), 75–87. DOI : 10.3121/cmr.2017.1363. Revue sur le fonctionnement des humectants, émollients et occlusifs dans les formulations hydratantes.

Commission européenne — CosIng, Glossaire des noms communs d’ingrédients cosmétiques, version actualisée par la décision d’exécution (UE) 2025/1175. Référence réglementaire concernant la nomenclature utilisée pour l’étiquetage des ingrédients cosmétiques.

Chemistry LibreTexts, « Glycerolipids — Saponification », mise à jour 2026. Référence pédagogique de chimie décrivant la saponification des triglycérides et la formation simultanée de sels d’acides gras et de glycérol.

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